Vous trouverez ci-après deux textes écrits en hommage à notre ami Jean Coydon décédé le 30 mars dernier. Un plus personnel de notre président Michel Maubouché sur leur amitié au sein de l’AAM, un deuxième d’Henri Treussart, plus axé sur la carrière professionnelle de Jean.
JEAN COYDON NOUS A QUITTE
Jean et moi avions au moins deux points communs : une passion pour la photo et un franc parlé. Ceci m’a permis de le connaître un peu. Ce n’était en effet pas quelqu’un qui se confié facilement.
Il aimait raconter que sa date de naissance était incertaine, à quelques jours près, étant né au cours d’un voyage. De son enfance, il parlait très peu. Il avait commencé à travailler très tôt, à l’âge de douze ans, comme « saute-ruisseau » chez un agent de change ‘ou peut être une banque), chargé d’assurer la liaison entre le bureau et la bourse.
Quand la deuxième guerre mondiale est arrivée, il avait 18 ans. Afin d’échapper au service du travail obligatoire, il était entré dans la résistance, et par un concours de circonstances, il s’est retrouvé dans l’armée britannique. C’est avec elle, qu’il a débarqué en France en 1944.
Tout au début de ce papier, j’évoquais notre passion pour la photo. Lors des voyages avec l’Association, nous étions sans cesse l’un avec l’autre. Un jour, au Canada, cela me restera éternellement en mémoire nous en riions souvent : las de faire les mêmes photos sous le même angle, nous avions décidés de nous séparer. Chacun partit dans sa direction, un peu plus tard nous nous retrouvions. Chacun raconte les photos qu’il avait prises et nous dûmes convenir qu’il s’agissait des mêmes sujets. Au retour, à l’examen, les photos étaient strictement semblables. Lors des voyages suivants nous avons renoncé à nous séparer.
Mais je dois dire qu’il allait beaucoup plus loin que moi, puisqu’il faisait partie d’un club photo et participait régulièrement à des expositions.
Il avait d’autres passions : la randonnée pédestre et surtout le vélo.
Alors qu’il avait déjà subi une opération sérieuse, je pense que l’on était en 2004, il me dit un jour « j’ai fait tous les cols des Alpes et des Pyrénées ; il ne m’en manque qu’un, il faut que je le fasse cet été ». Et il le fit.
Plus tard, alors que la maladie l’avait rattrapé, il a lutté courageusement, sans jamais se plaindre et il ne se confiait que difficilement.
C’était un très bon copain et son absence aux réunions de bureau ou lors de voyages sera difficile à supporter.
Quant à moi, je ne pourrais jamais plus faire de photos sans penser à lui
Michel Maubouché
Jean Coydon nous a quittés ; celui qui, toutes ces dernières années, a été le trésorier-adjoint de notre Association, nous a quittés le jeudi 30 mars, sans bruit, avec la discrétion naturelle qui fut la sienne toute sa vie. Il avait rejoint les Anciens dès son départ en retraite et, dès son arrivée, il avait accepté de seconder, d’abord Jacques Decreux, ensuite Olivier Schneider, dans les fonctions toujours délicates de trésorier. Il assuma celles-ci avec tout le sérieux et toute la rigueur dont il avait fait preuve tout au long de sa carrière, une carrière qui fut presque atypique tant elle fut marquée par la stabilité et la continuité.
Jean avait réussi, dans une administration si riche en fonctions si différentes, à effectuer toute sa carrière dans le même service assurant ainsi une sorte de synonymie entre celui-ci et son nom, car pour nous, les Anciens qui l’avons bien connu, Jean, c’était la « Répartition ». Il y a assuré pendant de nombreuses années le rôle ingrat de celui qui doit tenir compte des besoins essentiels à satisfaire, des conséquences de délais non tenus de fournisseurs trop souvent imprévisibles, des doléances de responsables de station perturbés parce qu’ils n’avaient pas exactement reçus tout ce qu’ils avaient demandés. Tout cela Jean le faisait fort bien sachant calmer les mécontents et satisfaire au mieux les inévitables urgences. Il savait aborder les problèmes, car il y avait toujours des problèmes, avec calme, sérénité et une grande honnêteté, sachant reconnaître les erreurs qui avaient pu être faites, et décider rapidement des corrections à y apporter.
Il faisait partie de ces gens dont le rôle est essentiel
mais dont on ne perçoit pas toujours la véritable importance, surtout si,
comme dans le cas de notre ami, la modestie de l’intéressé masque quelque
peu la complexité de la tâche.
Henri Treussart