« La génèse des cyclones » par M-D.
Leroux
(Prix AAM 2004)
Résumé
Différents
organismes de recherche travaillent sur le globe en vue d’améliorer la prévisibilité
de l’activité cyclonique. La tâche est double : optimiser d’une
part la représentation des cyclones dans les modèles de prévision numérique
et mieux comprendre d’autre part les processus à l’origine de leur
formation (cyclogenèse).
Cet
article synthétise les travaux réalisés par deux équipes de recherche
auxquelles je me suis intégrée pendant respectivement 1 et 2 mois : la
division de recherche sur les ouragans de la NOAA[1] à Miami et la Cellule de Recherche Cyclonique (CRC)
de Météo-France, basée à St-Denis de La Réunion.
La
première équipe améliore progressivement l’analyse des cyclones grâce à
son logiciel Hwind. La deuxième, en collaboration avec d’autres organismes
météorologiques, met en évidence les processus ondulatoires qui
interagissent avec l’activité cyclonique.
INTRODUCTION
Près
d’une centaine de cyclones tropicaux se forment chaque année. Ils représentent
l’une des catastrophes naturelles les plus destructrices. La dernière
saison cyclonique particulièrement intense de l’hémisphère Nord a pu le démontrer.
Nous
nous plongerons dans les caractéristiques des cyclones avant d’aborder les
travaux de recherche réalisés dans le but de mieux prévoir la naissance,
l’intensité et la trajectoire de ces phénomènes dévastateurs.
-
Les cyclones se forment au-dessus des mers chaudes dont la température de
surface est supérieure à 26,5° C avec une couche océanique profonde d’au
moins 60 mètres.
-
Ils naissent d’une dépression orageuse caractérisée par une convergence
des flux atmosphériques en basse altitude, une humidité relative supérieure
à 40% en moyenne troposphère, et une divergence en haute altitude qui évacue
les flux.
-
Un tourbillon absolu cyclonique doit être présent dans la basse troposphère.
Les cyclones ne peuvent donc exister en deçà de 4 ou 5° de l’équateur, où
la force de Coriolis est trop faible pour générer un tel tourbillon.
- Un faible
cisaillement vertical du vent horizontal doit régner dans la troposphère,
ce qui exclut tout contraste vertical marqué dans la vitesse des vents. Ceci
est permis si un anticyclone est présent en haute altitude, celui-ci
favorisant la convection de l’air chaud. Sans cet anticyclone, les
mouvements ascendants sont cisaillés et la dépression initiale se comble.
Les vents les plus élevés sont situés dans une région
appelée le « mur de l’œil ». Ils peuvent y atteindre 80 à 90
m/s. Cette zone est constituée de puissants cumulonimbus dont les enclumes
constituent la masse nuageuse visible sur les images des satellites. Cette
zone très active entoure une région mesurant 15 à 30 km de rayon
correspondant au centre du cyclone et baptisée « œil ». C’est
une zone de calme où les vents sont faibles, la pression atmosphérique
minimale (parfois inférieure à 900 hPa), et la température maximale.
Les dépressions tropicales sont appelées cyclones dès que les vents soutenus sur 1 minute (norme américaine) atteignent 64 nœuds soit 118 km/h (rafales à 150 km/h). L’échelle de Saffir-Simpson classe ensuite les ouragans en cinq catégories.
Au-dessus
des mers chaudes, l’air s’échauffe et se dilate vers le haut. Cette élévation
provoque en altitude une surpression entraînant une fuite (ou divergence) de
l’air vers l’extérieur de la zone considérée. Cette fuite abaisse la
pression au niveau de la surface, ce qui entraîne un afflux (ou convergence)
de l’air environnant des basses couches vers la zone surchauffée telle une
pompe. La force de Coriolis incite alors cette circulation ascendante à
s’enrouler en spirale.
Bien que la pression en altitude soit plus élevée
qu’en temps normal, elle reste très inférieure à celle régnant à la
surface de l’eau. Dans le mur de l’œil, l’air subit donc une détente
au cours de son ascension. Cette détente est adiabatique et va abaisser l’état
de saturation de l’air devenu plus froid : il se produit alors une
condensation aboutissant à la formation de nuages. Il y a ainsi
transformation de la chaleur latente en chaleur sensible. Arrivées au niveau
de la tropopause, les particules d'air s'éloignent du centre du cyclone dans
un mouvement anticyclonique, puis perdent de l'énergie par rayonnement vers
l'espace. Elles subissent enfin une compression adiabatique
lorsqu'elles redescendent vers la surface à grande distance du centre du
cyclone.
Dans l’œil même, on observe un mouvement
descendant de l’air qui subit une compression provoquant son réchauffement
(d’où les températures chaudes de l’œil).
Le cyclone est une formidable machine thermodynamique
qui extrait à l’océan, par évaporation, de l’énergie thermique et la
transforme en énergie cinétique du vent. Il développe ainsi une énergie équivalente
à cinq fois par seconde celle de la bombe atomique d’Hiroshima. En réalité,
cette machine ne consomme que 3 % seulement de l’énergie prélevée dans
les eaux océaniques. Le reste est évacué dans la haute atmosphère lors de
la condensation de la vapeur d’eau arrachée à la surface de l’océan.
Les cyclones ont ainsi un rôle non négligeable de répartition
de l’énergie à la surface du globe. Ils complètent le rôle des
anticyclones qui ne suffisent parfois pas à évacuer le surplus de chaleur
des tropiques.
La prévision du déplacement des cyclones est le
plus souvent réalisée par des modèles statistiques, qui utilisent une base
de données sur des cyclones d’intensité semblable qui se sont produits à
la même saison et ont suivi des trajectoires initiales voisines. Certains modèles
combinent les informations déduites de la climatologie, de la persistance et
du flux environnant.
Pour des échéances inférieures à 24 heures, on
peut correctement supposer qu’en raison de l’inertie de la circulation,
les cyclones suivent un mouvement persistant, semblable à celui précédemment
observé.
On fait moins appel aux modèles dynamiques pour différentes
raisons dont l’importance des phénomènes convectifs imparfaitement représentés
par les paramétrisations, et le manque d’une théorie consistante comme
l’approche quasi géostrophique.
Le nord-est du continent américain est particulièrement
concerné par les cyclones puisqu’ils ravagent sa côte chaque année. La
NOAA, l’organisme météorologique des Etats-Unis, est le centre responsable
de la surveillance cyclonique pour le bassin de l’Atlantique Nord.
Basée à Miami, la division de recherche sur les
ouragans du laboratoire AOML[2]
de la NOAA mène des travaux pour améliorer la représentation de ces
perturbations atmosphériques dans
les modèles de prévision numérique. Les chercheurs ont créé en 1993 un
produit de recherche expérimental nommé Hwind (Hurricane surface wind
analysis) sur lequel j’ai pu travailler en juillet 2000.
Ce logiciel a pour but de fournir à l’entrée des
modèles de prévision des conditions initiales plus représentatives de l’état
réel de l’atmosphère. Au centre de recherche sur les ouragans, le modèle
utilisé est un modèle dynamique barotrope qui ne nécessite que des moyens
de calcul limités. Nommé Vicbar,
il utilise jusqu’à 7 domaines imbriqués avec des résolutions allant de 10
à 400 km. Le modèle est initialisé à l’aide d’une analyse des mesures in
situ issue du logiciel d’analyse Hwind.
De nos jours, le réseau d’observations est de plus
en plus complet et fournit des observations en temps réel. Les données sont
issues non seulement de satellites météorologiques géostationnaires ou défilants,
mais aussi de bouées météo-océanographiques dérivantes ou ancrées ou de
stations météorologiques embarquées à bord de bateaux. Enfin, les avions
instrumentés de la NOAA dits « de reconnaissance » pénètrent
dans les cyclones pour réaliser des mesures in
situ. Ils effectuent des trajectoires en forme de « 4 »
pendant lesquelles ils lâchent des radiosondes équipées de systèmes GPS
qui mesurent température, pression atmosphérique, humidité, vitesse et
direction des vents à différentes altitudes (principalement entre 300 et 700
hPa). Ces mêmes paramètres sont mesurés à bord à l’aide de capteurs fixés
sur l’avion. Des radars embarqués établissent une cartographie des précipitations
et mesurent la vitesse des vents. Depuis 1990, le radar Doppler permet
d’obtenir l’emplacement exact des vents les plus violents au sein de la dépression.
L’ensemble de ces mesures in situ
permet d’obtenir une coupe verticale de l’atmosphère avec une fiabilité
accrue.
Le
logiciel Hwind permet de visualiser en temps réel la masse de données numériques
provenant du réseau d’observation. Les données n’ayant pas toutes été
mesurées à la même hauteur, elles sont préalablement ajustées afin de
simuler une observation à 10 mètres de hauteur.
Hwind
offre aux météorologues la possibilité d’éliminer les données erronées
et de sélectionner les plus appropriées. A partir de ces données triées,
le logiciel effectue une analyse du vent en surface à un instant t0
donné. Le cyclone est représenté par des courbes d’égale vitesse du vent
à 10 mètres (voir graphe 1). Grâce aux couleurs, il est aisé de connaître
l’intensité et l’étendue des vents destructeurs du cyclone. Si le
cyclone est proche des terres, on peut
ainsi prévoir
objectivement l’étendue des dégâts que va subir la région côtière.
L’analyse
des vents constitue non seulement une base expérimentale pour initialiser les
modèles numériques comme Vicbar mais enrichit également la base de données
sur laquelle s’appuient les modèles statistiques. De plus, elle permet de récolter
les données nécessaires à des études théoriques visant à une meilleure
compréhension physique des cyclones.

Fig.
1 : Analyse du cyclone Fran – 5 septembre 1996, côte
américaine (Caroline du Nord et Virginie).
Isotaches
en nœuds, graduées de 10 en 10.
Dans
le bassin sud de l’Océan Indien, la saison cyclonique s’étend de
novembre à avril. Comme dans les six autres bassins cycloniques de la planète,
la surveillance météorologique y est coordonnée par L’OMM qui a désigné
depuis 1993 La Réunion comme le Centre Météorologique Spécialisé (CMRS)
« Cyclones » de la zone. Le bassin regroupe 12,5% de l’activité
cyclonique annuelle globale, ce qui le place en troisième position dans les
bassins les plus actifs.
La
Cellule de Recherche Cyclonique (CRC) de Météo-France basée à St-Denis étudie
les processus à l’origine de la cyclogénèse. Une équipe de chercheurs se
penche actuellement sur deux phénomènes ondulatoires présents dans le
bassin sud de l’Océan Indien : la MJO et les déferlements d’ondes de Rossby ou RWB. Des études récentes
montrent que chacune de ces deux ondes module l’activité cyclonique du
bassin durant l’été austral.
Les
ondes de Rossby sont des perturbations extra-tropicales d’altitude. Ce sont
des ondes planétaires horizontales et transversales. Elles sont créées par
la stabilisation latérale du courant d’ouest par effet bêta (variation du
paramètre de Coriolis avec la latitude). Au niveau des moyennes latitudes,
une vaste dépression circumpolaire quasi-circulaire entoure le globe. Elle
comporte des méandres au nombre de 2 à 5, plus ou moins profonds. Ces méandres
sont appelés « ondes longues » ou « ondes de Rossby »,
du nom du météorologiste qui en a découvert l’existence en 1939. Elles
ont une périodicité de l’ordre de 6 à 25 jours.
Les
déferlements appelés RWB (Rossby Wave Breaking) se produisent le long de la
tropopause subtropicale. Ils correspondent à la pénétration de l’onde
depuis les moyennes latitudes vers les latitudes tropicales, provoquant une
intrusion d’air stratosphérique dans la troposphère (voir figure 2).
En
contribuant aux processus de mélange entre l’air troposphérique et l’air
stratosphérique dans l’atmosphère, ces déferlements ont un impact non négligeable
sur la convection profonde. On les trouve surtout au-dessus du Pacifique Nord
et Sud, de l’Atlantique Nord, de l’Océan Indien et de l’Australie.
MAX
PV MIN
PV
•
•
•
• Fig. 2 :
Représentation du champ de PV [3]
sur l’isentrope 350K lors d’un déferlement (la 350 K est approximativement horizontale).
faible PV J’ai
réalisé une climatologie des RWB sur le bassin sud de l’Océan Indien,
soit entre 30°E (côte est africaine) et 110°E de longitude, dans l’hémisphère
sud. L’étude porte sur 22 étés austraux (novembre-avril) de 1980 à 2001. Cette
climatologie montre qu’un déferlement a 34% de chance d’être observé
dans le bassin un jour d’été. Il dure en moyenne 2 jours, possède une
intensité de 3,9 pvu et une extension de 35° de longitude par 23° de
latitude. Les ondes de Rossby déferlent préférentiellement au cœur de l’été
(janvier et février). On observe alors en moyenne un nouveau déferlement
tous les 6 jours. D’autre part, les RWB apparaissent préférentiellement au
milieu du bassin, entre 60° et 70°E. Cette zone privilégiée s’appelle
zone de déferlement ou « surf zone ». Elle se situe en aval des
anticyclones subtropicaux. Les déferlements sont les plus étendus et les
plus intenses au cœur de l’été et dans la surf zone. Leur position en
latitude suit l’oscillation de la ZCIT. Enfin,
le nombre de déferlements fluctue d’une année sur l’autre. Il pourrait
être soumis à l’influence de phénomènes qui possèdent une variabilité
interannuelle tels l’ENSO[4]. La
MJO ou Oscillation de Madden Julian
est une onde atmosphérique tropicale d’échelle planétaire. Elle fut découverte
en 1972 par Madden et Julian, grâce à leurs relevés de radiosondage
quotidiens sur l’île Canton. Ils ont mis en évidence des variations
quasi-périodiques des vents troposphériques et de la pression de surface sur
30 à 60 jours. Les anomalies positives de la pression sont accompagnées
d’anomalies positives du vent zonal (vents d’ouest) à basse altitude et
d’une température anormalement fraîche dans toute l’épaisseur de la
troposphère. L’onde
MJO possède une période de 30-60 jours. Elle se déplace le long de l’équateur
en se décalant légèrement vers le sud durant sa propagation vers l’est.
Sa vitesse de phase a été estimée à environ 5 à 10
D’après
une étude menée par Langlade (2003) [1],
la MJO est le mode ondulatoire dominant du bassin sud de l’Océan Indien.
C’est l’onde la plus fortement corrélée avec la variabilité cyclonique
intra-saisonnière du bassin. On
peut étudier le phénomène ondulatoire qu’est la MJO sous l’angle de sa
signature convective. Pour cela, on utilise les données de flux radiatif
sortant de grande longueur d’onde (OLR en W/m2) calculées à
partir des observations de radiance dans les
canaux infrarouge et vapeur d’eau des satellites défilants de la NOAA. Les
données d’OLR sont ensuite filtrées dans la gamme de période 30-60 jours
pour isoler le signal de l’onde MJO. Ces
données m’ont permis de réaliser une Analyse en Composante Principale sur
les 22 étés austraux. J’ai ainsi pu déterminer 7 configurations spatiales
types du signal ondulatoire et mettre en évidence un cycle de la MJO (voir
graphe 3). Ce cycle, décrit en six catégories, permet de caractériser
l’onde lors de son passage en terme de zone d’influence. Les teintes
bleues représentent les zones de faibles valeurs d’OLR, siège d’une
activité convective et pluvieuse importante. A l’inverse, les teintes
rouges synonymes de fortes valeurs d’OLR sont associées aux zones où il
n’y a pas de convection profonde. En
phase 0 dite « neutre », la MJO n’a aucune activité : le
signal convectif est moyen dans l’océan. De
la catégorie 1 à la catégorie 6, on visualise bien un mouvement
oscillatoire dans le bassin. L’onde se développe sur l’ouest de l’Océan
Indien et se propage vers l’est en se décalant légèrement vers le sud et
en s’intensifiant sensiblement : les plus fortes anomalies d’OLR se
trouvent à l’est de 80°E et centrées vers 10°S. Les
catégories 1 et 2 sont qualifiées d’« humides » car une
anomalie négative d’OLR (associée à une convection intense) est présente
dans le bassin. La phase 3 est une phase de transition : un pôle
d’anomalie positif arrive à l’ouest, tandis que le pôle négatif
n’affecte plus que l’extrême est du bassin. Les phases 4 et 5 sont
qualifiées de « sèches » car elles sont caractérisées par une
absence de convection profonde (anomalie positive). La phase 6 est à nouveau
une phase de transition où une anomalie négative arrive par l’ouest. Statistiquement,
il y a plus de cyclogénèses lorsque l’on est en phase « humide »
de la MJO, et moins en phase « sèche ». Par cyclogénèse on
entend les systèmes ayant dépassé le stade de dépression tropicale :
les vents moyens sur 10 minutes y sont supérieurs à 63 km/h. L’étude
sur 22 étés montre que l’activité de la MJO varie suivant le mois : les
phases sèches (4 et 5) sont plus observées en décembre et les phases
humides (1 et 2) en janvier. La présence de la phase neutre (0) de la MJO est
très irrégulière d’une année sur l’autre, conduisant à se demander si
elle est soumise à l’influence de phénomènes qui possèdent une
variabilité interannuelle tels l’ENSO. L’existence d’une interaction entre
l’activité ondulatoire et l’activité cyclonique dans le bassin étant désormais
établie, il est légitime de se demander s’il existe des interactions entre
les deux types d’ondes qui modulent la convection. Une étude de corrélation entre MJO et RWB m’a
permis de constater que la phase de l’oscillation de Madden Julian semble
influer sur le nombre et le lieu des déferlements d’ondes de Rossby. En
phase 1 de la MJO, la convection est intense au centre du bassin et le taux
d’intrusion des ondes extra-tropicales de Rossby est maximal. A l’inverse,
lorsque la MJO est neutre (phase 0) ou associée à une sécheresse à l’est
du bassin (phase 5), les déferlements ont moins de chance de se produire. En
ce qui concerne l’impact de la MJO sur le lieu de déferlement des ondes de
Rossby, on isole deux « surf zones » ayant des comportements
distincts. Les RWB de la zone 60°-70°E apparaissent préférentiellement
durant les phases d’humidité et de sécheresse au centre du bassin (1 et 4)
et se situent donc au cœur des fortes anomalies d’OLR. Sur la côte est du
continent africain (30°-40°E), elles se forment le plus souvent en phases 2
et 5 (humidité et sécheresse à l’est du bassin) et se placent ainsi à
l’arrière des fortes anomalies. L’influence de la MJO sur le lieu de déferlement
semble dépendre de l’environnement continental ou océanique dans lequel déferlent
les ondes de Rossby, les processus mis en jeu étant différents. Sur
l’ensemble du globe, la recherche cyclonique évolue à grands pas. Le
travail que j’ai réalisé à la CRC constitue les prémisses d’une
recherche sur les interactions entre ondes de Rossby et oscillation de Madden
Julian, elles mêmes liées à la cyclogénèse. La MJO semble bien moduler
l’activité des RWB dans le bassin sud de l’océan indien. De futurs
travaux pourront s’appuyer sur ces premiers résultats. Il
reste d’autre part de nombreux axes de recherche à explorer. Par exemple,
il serait intéressant de caractériser la MJO au moyen de champs dynamiques
et thermodynamiques, tels le vent, la pression et la température. On définirait
comme pour l’OLR les anomalies associées afin de suivre le déplacement de
l’onde dans le bassin. Une telle approche permettrait de comprendre les mécanismes
dynamiques qui entrent en jeu dans les interactions avec les déferlements. Lorsque
l’échelle synoptique n’aura plus de secrets, il faudra aller vers une échelle
plus fine en prenant en compte les “ bulles ”, phénomènes de
petite échelle engendrés par les RWB et déjà répertoriés dans des bases
de données de Barlan et al
(2003)[2]. Ces recherches, lorsqu’elles auront abouti, seront
d’importance capitale dans le milieu de la météorologie opérationnelle en
terme de prévisibilité des cyclogénèses tropicales. [1] LANGLADE Sébastien. 2003. Les ondes tropicales du sud de
l’Océan Indien . Stage de fin d’études IENM3. 62p. [2] BARLAN Cécile,
DUFOUR Bénédicte, CAILLAUD Eric. 2003. Climatologie
du déferlement des ondes de Rossby le long de la tropopause subtropicale. Stage
de climatologie IENM3 : Unité Formation Recherche à l’ENM. 52 p.
Les RWB se déplacent
globalement vers l’est, dans la même direction que le flux moyen (jet
d’ouest subtropical). Dans l’Océan Indien, une RWB parcourt en moyenne 20°
de longitude en 36h donc se déplace vers l’est à une vitesse moyenne de 60
km/h. Elle peut durer plusieurs jours et déferler plusieurs fois.
TROPOSPHERE
MJO
Il est établi que la MJO module
l’activité convective dans la partie tropicale de l’Océan Indien et l’Océan
Pacifique. Cette oscillation a été largement étudiée dans la perspective
de la mousson d’été asiatique (Yasunari,1981).
L’apparition, la progression et la fin des épisodes actifs de la mousson
semblent être liées au passage de ces systèmes basses fréquences. Quant
aux causes de la naissance de cette onde, elles sont encore sujettes à
discussion dans la communauté scientifique. Interactions MJO-RWB
CONCLUSION ET
PERSPECTIVES
Bibliographie
[1] National Oceanic and Atmospheric Administration
[2]
Atlantic Oceanographic and Meteorological Laboratory
[3] Unité de tourbillon potentiel (Potential Vorticity Unit) : 1 pvu = 10-6 m2.s-1.K.kg-1
