Visite des Gobelins (4 octobre 2004)

 

 

Les Gobelin étaient une famille originaire de Reims, qui, au 15ème siècle, avait établi dans le faubourg Saint-Marceau, à Paris, une entreprise de teinture. Gilles Gobelin s'enrichit dans cette industrie et acquit de grandes propriétés sur les bords de la Bièvre, rivière aujourd'hui enterrée. Certaines demeures de cette famille sont encore visibles aujourd'hui. L'une d'elles porte le nom de "château de la Reine Blanche". Le fils de Gilles, Philibert, et ses petits-enfants, accroissent la fortune familiale, de telle sorte qu'à la quatrième génération, les Gobelin renoncent à leur profession première pour acheter des titres et vivre de leurs rentes. Ils laissent leur nom à l'habitation, puis au quartier et enfin à tout l'arrondissement. On peut affirmer que la famille Gobelin est arrivée à l'immortalité par la tapisserie "sans jamais avoir fabriqué un mètre de tenture !". C'est, en effet, dans leur ancienne maison que, en 1662, Louis XIV réunit une partie de ses ouvriers tapissiers, jusqu'alors dispersés dans Paris, en leur adjoignant des teinturiers, des orfèvres, des ébénistes, des peintres, des sculpteurs, des fondeurs … pour former la "Manufacture Royale des Meubles de la Couronne". Cet établissement est dirigé par Colbert. Ce dernier est aidé dans sa tâche par Mignard, puis, en 1690, par Charles Lebrun. En 1699, on cesse d'y fabriquer des meubles pour ne plus s'occuper que de tapisserie. Encore aujourd'hui les œuvres produites ne sont pas vendues aupublic mais offertes en cadeau à des hommes d'état étrangers ou à des souverains. On les installe également dans des ambassades ou les palais appartenant à l'Etat (Elysée, ministères, préfectures …).

            En 1794, pendant la période révolutionnaire, l'administrateur de la manufacture fait brûler les tapisseries comportant les fleurs de lys ou celles "incompatibles avec les idées républicaines". En 1825, la "Manufacture de la Savonnerie", établie au 17ème siècle à Chaillot est transférée aux Gobelins. Elle est spécialisée dans la fabrication de tapis. En 1940, par suite de la guerre, une partie de l'usine de fabrication de tapisserie de Beauvais s'installe aux Gobelins.

 

            Le 14 octobre 2004, les membres de l'AAM, sous la conduite d'une guide très qualifiée, ont visité les 3 ateliers actuels :

-        l'atelier de haute-lisse (métiers où la chaîne est tendue verticalement) spécialisée dans la fabrication de tapisseries,

-        l'atelier de basse-lisse (métiers où la chaîne est tendue horizontalement) qui fabrique également des tapisseries,

-        l'atelier de haute-laine appartenant à la catégorie des velours.

 

Jean Caniot