Connaissance de la météorologie.....

Notre ami
Jean Coiffier a réalisé des présentations « powerpoint » destinées
à divers publics (du collège aux professeurs de mathématiques ou aux
anciens de la météorologie), et propose ces documents aux membres de
l'association souhaitant les utiliser ou s'en inspirer lors d'activités de
vulgarisation.
Modèles météo : 12 918 Ko pour télécharger (PDF 2,4 Mo)
Prévi après 1950 : 15 133 Ko pour télécharger (PDF 2,28 Go)
Couleur
du ciel : 1 596 Ko
Mesures
météo : 3 604 Ko
Contactez jean.coiffier@free.fr
Il nous
semble important de pouvoir connaître, et faire connaître,
les présentations qui pourraient être réalisées par d’autres
membres de l'AAM afin que les utilisateurs potentiels puissent les utiliser.
Article
sur le réchauffement climatique à
télécharger sur le site de Météo-France :
http://www.meteofrance.com/pub-adm/display/000/001/655/16554.pdf
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Sommaire :
Il
y a 150 ans, la Météo nationale naissait à la suite d'une tempête en
Crimée
Livres sur l'histoire de la météorologie (M. Beaurepaire)
De la "Charlière" au ballon-sonde (R. Béving)
P. Schereschewsky "père de la méthode française de prévision" (P. Duvergé)
Le thermomètre "de Galilée" (M. Beaurepaire)
Les échelles thermométriques (M. Beaurepaire)
L'aérologie .... en dentelles (G. Chabod)
Trombes sur l'Hérault au 18° et 19° siècle (J. Lorblanchet)
Maurice de Tastes (J. Lorblanchet)
L'observatoire du Mont Aigoual (R. Béving)
Le Général Delcambre (J. Lorblanchet)
Il y a cent ans..... la stratosphère (P. Duvergé)
Une tempête qui fit l'Histoire: l'orage du 13 juillet 1788 (P. Duvergé)
Histoire du cerf-volant anémomètre de Trappes (P. Mazières)
Henri Lartigue: le météo qui inventa le "crocodile" (P. Duvergé)
Le "storm glass" (P. Duvergé)
Souvenir de Montsouris (M. Lagadec)
Le cyclone et le gouverneur (P. Duvergé)
Etre météo au Bourget de 1946 à 1956 (G. Chabod)
Avez-vous déjà entendu parler de vagues géantes ou "scélérates"?
L'évolution des systèmes de prévision numérique à Météo-France avec l'arrivée du nouveau calculateur NEC - SX (J. Coiffier)
Paris est dans une zone de climat tempéré, avec des hivers doux.
Si les relevés météorologiques n'ont commencé qu’en 1872beaucoup d' écrits laissés par des habitants témoignent cependant de rigueurs exceptionnelles.
A la fin de l'année 1442 la neige a atteint 60 cm près de Carcassonne; Charles VII est contraint de passer l'hiver à Montauban de Noël 1442 à la fin février 1443 sans pouvoir sortir de la ville à cause des conséquences du froid
Le 10 janvier 1608 le vin a gelé à Paris et en Champagne (M. Garnier Mémorial de la météorologie nationale 1967).
Le XVIe siècle a connu 17 grands
hivers, le XVIIIe siècle 26, dont le fameux hiver 1794-1795, en pleine Terreur
révolutionnaire, au cours duquel on relève –24 °C à Paris.À Paris, le 10
décembre 1879, le thermomètre est descendu à –25,6 °, les Parisiens pouvaient
traverser à pied la Seine gelée.
Sur la première moitié du XIXe siècle,
l’hiver le plus dur est celui de 1829-1830 : la température moyenne sur
l’ensemble du mois de décembre tombe à –3,5 °, la Seine est prise
par les glaces sur 80 cm et il gèle pendant 54 jours consécutifs.
En 1838, c’est le mois de janvier qui se montre particulièrement dur, avec
–4,6 ° en moyenne. Pic de froid encore en décembre 1840, avec une
moyenne à –2,7 °.
Le record absolu date de la seconde
moitié du XIXe siècle. L’hiver 1879-1880 reste le plus dur jamais connu,
avec 73 jours de gel d’affilée, une température moyenne de –0,8 ° de
novembre à janvier et un thermomètre qui descend même jusqu’à –25,6 °
le 10 décembre !
En moyenne, les températures hivernales sont alors de 7,2 ° en novembre,
5,4 ° en décembre, 3,4 ° en janvier et 3,8 ° en février.
L’hiver 1879-1880 pulvérise tous ces chiffres, notamment en décembre avec
une moyenne de –6,8 °. On relève même –25,6 ° dans la nuit du
9 au 10 décembre, soit la température la plus basse jamais mesurée. Toute la
moitié nord de la France est touchée, avec les rivières gelées. La Seine
charrie des blocs de glace à partir du 4 décembre. Le 9, plus rien ne bouge,
le fleuve est pris : on peut le traverser à pied et patiner dessus !
La fonte des glaces ne débute que le 2 janvier, avec la remontée des températures
et des pluies abondantes à partir du 29 décembre.
Au
quotidien, la vie n’a rien de réjouissant. Jusqu’alors, on déblayait la
glace et la neige à la pelle et on sablait. En 1879-1880, les sans-travail sont
réquisitionnés pour aider les cantonniers, déblayer le milieu des chaussées
et des trottoirs et réunir la neige en bandes sur les bas-côtés des voies.
Tous les tombereaux et véhicules disponibles sont saisis par la municipalité
pour transporter cette neige et la déverser dans les égouts ou dans la Seine.
Compte tenu de l’ampleur du travail, Paris imagine et met en place pour la
première fois le salage des rues. Le ministère des Finances exonère le sel,
grevé jusqu’alors de taxes considérables, de tout droit. Il choisit un sel
pur, non dénaturé et bon marché, fourni par les Salines de l’Est à la
ville de Paris. On prélève aussi tout le sel disponible dans les principaux
centres dépositaires de la capitale. Les voies de Paris sont classées en 1ère,
2e ou 3e urgence. Pour les chaussées empierrées et les allées bordées de végétation,
l’ancien système de balayage, sablage et de travail à la pelle subsiste. Les
autres sont divisées en sections, subdivisées en quartier. Un surveillant y
coordonne nuit et jour le travail des cantonniers. « Les ouvriers
municipaux vont par deux, l’un poussant une brouette remplie de sel, l’autre
portant une pelle qu’il plonge dans le véhicule et dont il projette
alternativement le contenu, par un geste circulaire, sur le sol ». Quant
aux employés des voies de tramway, ils salent eux-mêmes leurs voies ferrées.
Il faut 2 h le jour (4 h la nuit) pour que la neige se transforme en
boue. Des balayeuses mécaniques la poussent dans les caniveaux et nettoient
ensuite le sol. Chaque commerçant, chaque riverain a l’obligation de balayer
devant sa porte. Des paillassons métalliques sont installés au-dessus de
chaque plaque d’égout pour éviter les glissades.
Le salage s’avère finalement si efficace que Paris commande désormais à
chaque début d’hiver une provision de 4 000 tonnes de sel, réparties
dans quinze dépôts municipaux, et que les principales capitales européennes
l’imitent. Quant au chasse-neige, il est inventé peu après, fin 1880, et mis
en usage à Paris pour la première en janvier 1881. Il s’agit au départ
d’une herse traînée par six chevaux, avec une armature de balais très serrés.
Du 28 décembre 1941 au 4 mars 1942 les fortes gelées sont
quasi permanentes sur toute la France.
En 1946, la neige tombe sur Paris pendant quatre jours sans interruption, du 28
février au 4 mars. Résultat : 40 cm d’épaisseur de neige dans les rues
de Paris. Une hauteur qui reste à ce jour inégalée.
Enfin, le terrible hiver 1953-1954 voit le thermomètre descendre jusqu’à
–15 °. C’est à ce moment-là que l’abbé Pierre lance son fameux
appel pour les sans abris.
En février 1956 le canal St Martin est pris par les glaces ; la température moyenne du mois à Paris est de - 4°2 °C (loyenne normale de + 0,8 °C)
Longue durée des gelées sur l'Europe pendant l'hiver 1962-1963; les grands lacs suisses sont gelés.
Fin décembre 1970 60 cm de neige bloque l'autoroute A 7 à Montélimar; début janvier 1971 il fait - 23,2 °C à Strasbourg; le 6 janvier 1970 - 22,4 °C à Lyon.
Le 31 décembre 1978 il fait 13 °C à Orly; avec la traversée d'un front froid très neigeux en quelques heures le thermomètre indique - 10 °C; tout le sud de la région parisienne est bloqué par la neige.
Durand l'hiver 1984-1985 les températures sont restées en dessous de - 2 °C pendant 44 jours à Strasbourg et 36 jours à Paris.
Après un mois de janvier très doux février 1986 a été très froid. (-12,3 °C à Nantes le 10 février, - 19,6 °C à Strasbourg le 27 février).
Hiver 1987: -18,5 °C à Strasbourg le 11 janvier, - 13,6 °C à Toulouse le 18 janvier, - 33 °C à Mouthe (Jura), - 23 °C au Piy en Velay.
1991: - 8 ° C le 6 février à Besançon, - 8 °C le 7 février à Rouen.
Il y a 150 ans, la Météo nationale naissait
à
la suite d'une
tempête en Crimée
C'est un épisode de la guerre de Crimée qui, en 1854, entraîna la
naissance du premier service météorologique français. En effet, le 14
novembre de cette année-là, une très grosse tempête en mer Noire provoque le
naufrage de trente-huit navires et de trois vaisseaux de guerre français et
britanniques participant au blocus du port de Sébastopol.
La France et la Grande-Bretagne sont alors en guerre depuis le 27 mars 1854 avec
la Russie pour l'empêcher de régner sur la mer Noire, la flotte turque ayant
été détruite par l'escadre russe dans le port de Sinope, le 30 novembre 1853.
Après ce désastre, le maréchal Vaillant, ministre de la guerre, chargea Urbain Le Verrier, directeur de l'Observatoire de Paris, d'une enquête pour expliquer comment cette tempête a traversé toute l'Europe d'ouest en est, sans que personne ait donné l'alerte. Le Verrier demande alors aux astronomes et aux météorologistes européens de lui transmettre les observations qu'ils ont faites sur l'état de l'atmosphère entre le 12 et le 16 novembre. Deux cent cinquante réponses lui parviennent grâce auxquelles il reconstitue la trajectoire de la tempête à travers l'Europe.
Le 16 février 1855, , Le Verrier propose à Napoléon III la mise en place d'un réseau de météorologie télégraphique destiné à prévenir les marins de l'arrivée d'une tempête. C'est la date fondatrice de la météorologie française.
Le 17 février, Urbain Le Verrier et M. de Vougy, directeur général des
lignes télégraphiques, reçoivent l'autorisation d'entreprendre le nouveau
service. Une lettre émanant du cabinet de Napoléon III stipule : "Proposez
avec assurance ce que vous jugerez convenable. La question est trop importante
pour que Sa Majesté ne désire pas voir vos efforts couronnés d'un plein succès."
Le sujet est d'autant plus important que, quelques jours auparavant - le 15 février -, une tempête a projeté un vaisseau de guerre français, la Sémillante, en route pour la Crimée sur les rochers des bouches de Bonifacio (Corse) entraînant la mort de 700 marins (aucun survivant).
TROIS OBSERVATIONS PAR JOUR
Le 19 février, Le Verrier présente à l'Académie des sciences une carte météorologique de l'état atmosphérique du jour à 10 heures du matin et, fin février, un jeune physicien, Léon Foucault est nommé chef des travaux météorologiques. Un an plus tard, en juin 1856, l'astronome français expose devant l'Académie des sciences la répartition des tâches entre l'Observatoire et l'Administration des lignes télégraphiques.
"Il fut convenu, avec M. le directeur général De Vougy, dit-il alors, que l'Administration des lignes télégraphiques ferait recueillir les observations par ses agents, et les ferait transmettre à l'Observatoire impérial de Paris, partie par le télégraphe, partie par la poste ; tandis que, de son côté, l'Observatoire fournirait les instruments et les instructions, réduirait les observations et les ferait publier. (...) Pour ne pas trop surcharger les employés, trois observations seulement par jour ont été ordonnées : à l'ouverture du bureau, à 3 heures et à 9 heures du soir, avec invitation d'observer plus fréquemment s'il était possible."
Le réseau français d'observation météorologique est donc rapidement établi. En dehors de la capitale, il comporte vingt-quatre points de mesure tenus par des employés de l'administration du télégraphe. Le 30 juin 1856, Urbain Le Verrier précise à l'Académie des sciences que "le bulletin météorologique des divers points de la France, recueilli par voie télégraphique, est maintenant complet, et qu'il est publié chaque jour dans le journal du soir La Patrie".
La France n'est pas le seul Etat à mettre en place des observations météorologiques: dès 1854, le Conseil du commerce britannique organise un département de météorologie confié à l'amiral FitzRoy et les Pays-Bas se dotent la même année d'un Institut météorologique néerlandais mis sur pied par Buys-Ballot.
C'est cependant l'organisation du réseau météorologique français qui contribue en 1857 à la création du Service météorologique international car au réseau des 24 stations françaises se joignent cette année-là une dizaine de capitales européennes qui communiquent leurs observations à l'Observatoire de Paris.
Le 2 novembre 1857 paraît le premier numéro du"bulletin (météorologique)
international de l'Observatoire de Paris", qui devient quotidien à
partir du 1er janvier suivant.
Par la suite, la Grande-Bretagne
ayant décidé de contribuer à ce mouvement, " ce bulletin collecte à
partir de 1864 les données d'une cinquantaine de stations européennes et
publie chaque jour des cartes synoptiques des isobares et des prévisions météorologiques".
En 1873 le premier Congrès météorologique international se réunira, donnant ainsi corps à une idée exprimée vingt ans auparavant à Bruxelles lors d'une conférence qui réunissait dix pays : Belgique, Danemark, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Norvège, Pays-Bas, Portugal, Russie et Suède.
Voir également :
site Internet Météo France (www.meteofrance.com)
(article paru dans "Arc en Ciel" n° 138)
Les quelques titres énoncés ci-après rassemblent quelques livres dont la plus part se trouvent à la bibliothèque de Météo-France Paris Alma (D2C/DOC). Ils sont repérés par une astérisque (*). Cette liste n’a aucune prétention d’être exhaustive des livres traitants de l’histoire de la météorologie.
Trois séries vous sont proposées :
- D’abord des livres traitant de l’histoire en général d’une manière détaillée.
- Ensuite des livres traitant ce sujet brièvement ou partiellement.
- Enfin des livres historiques thématiques.
1)
Livres historiques sur la météorologie
Auteur
|
Editeur |
Année |
Collation |
Ville |
Titre |
|
DETTWILLER Jacques (*) |
Météorologie nationale |
1982 |
Monographies de la MN N° 1 |
Boulogne |
Chronologie de quelques événements météorologiques en France et ailleurs |
|
FIERO Alfred |
De Noël |
1991 |
|
Paris |
Histoire de la météorologie |
|
JAVELLE Jean-Pierre (*) |
Delachaud & Niestlé |
2000 |
|
|
La météorologie du baromètre au satellite, mesurer l’atmosphère et prévoir le temps |
|
FRISINGER
Howard (*) |
American
Meteorological Society |
1977 |
Science history publication, Monographie de l’AMS |
New-York |
The
history of meteorology to 1800 |
|
SCHNEIDER CARIUS Karl (*) |
ISDC |
1955 |
|
New
Delhi |
Weather sciences weather research. History of their problems and findings from documents during three thousand years. (traduit de l’allemand) |
|
SHAW
Napier |
University
Press |
1940 |
|
Cambridge |
The
drama of weather |
Par ailleurs, la DOC détient un manuscrit de
Jean-Louis AUBERGER, esquisse d’une histoire de la météorologie, qu’il a déposé
en 1988.
2) Les quelques références suivantes concernent des
ouvrages qui traitent brièvement ou en partie de l’histoire de la météorologie :
Auteur
|
Editeur |
Année |
Collation |
Ville |
Titre |
CHABOUD René
(*)
|
Nathan |
1993 |
|
Paris |
La météo question de temps |
ALLEN Olivier E. (*)
|
Time Life |
1987 |
La planète terre (3è édition) |
Amsterdam |
L’atmosphère |
MASSAIN Robert
|
Magnard |
1979 |
|
Paris |
Physique et physiciens |
BESSEMOULIN Jean
(*)
|
Plon |
1957 |
|
|
Vents, nuages et tempêtes |
DETTWILLER Jacques
(*)
|
Météorologie Nationale |
1978 |
La Météorologie VI è série N° 12, pages 149-171 |
Boulogne |
Le Verrier et la naissance de la météorologie moderne en France |
3) La troisième liste concerne des ouvrages
historiques thématiques principalement spécialisés dans le domaine
instrumental.
Auteur
|
Editeur |
Année |
Ville |
Titre |
MIDDLETON William Edgard Knowles
(*)
|
The
John Hopkins Press |
1966 |
Baltimore |
A
history of the thermometer and its use in meteorology |
MIDDLETON William Edgard Knowles
(*)
|
The
John Hopkins Press |
1964 |
Baltimore |
The
history of the barometer |
MIDDLETON William Edgard Knowles
(*)
|
The
John Hopkins Press |
1969 |
Baltimore |
Invention
of the meteorological instruments |
DAUMAS Maurice
|
PUF |
1953 |
Paris |
Les instruments scientifiques au XVIIè et XVIIIè siècles |
TURNER Anthony
|
Sotheby’s
publications |
1987 |
New
York |
Early
scientifics instruments in Europe 1400 - 1800 |
NEU F, ABERFELD R (*)
|
Service météorologique du Luxembourg |
1996 |
Luxembourg |
L’aéroport du Luxembourg, le service météorologique : 50 années d’histoire commune |
De
la "Charlière" au ballon-sonde
par M. R. BEVING
(articles parus dans les numéros 136, 137 et 138 de la revue de l'A.A.M. "Arc en ciel")
1783
– 1896
(1ère
partie)
Le 4 juin 1783, à Annonay, commençait la première aventure aérienne. En présence des Etats Particuliers du Vivarais, les frères Joseph et Etienne de Montgolfier lançaient solennellement et pour la première fois (1), un "globe" de papier de 800 m3, pesant au moins 225 kg et gonflé à l'air chaud. Le Contrôleur général d'Ormesson en rédigea le lendemain un rapport élogieux.
A peine trois mois plus tard, le 25 août 1783, Jacques Charles (2) et Marie-Noël Robert (3), ayant mis à profit le temps nécessaire aux préparatifs et au transport prévus, pour Paris, du "globe" des frères Montgolfier, lançaient au Champ de Mars, à Paris, un ballon (4) gonflé, pour la première fois (5) avec de l'air "inflammable" (hydrogène). Ils démontrèrent, avec cette expérience préliminaire qui connut un plein succès, qu'on pouvait "s'élever dans les nuages pour faire des observations et expliquer ainsi nombre de phénomènes de météorologie".
Le vendredi 19 septembre 1783, après leurs essais en vol captif des 11, 12 et 18 septembre, les frères Montgolfier, renouvelant leur expérience du 4 juin, lançaient à Versailles, devant la cour royale, un "globe" de 1400 m3. Construit chez Réveillon, propriétaire de la Manufacture royale de papiers peints, il emportait des animaux sélectionnés (canard, coq et jeune mouton) et un baromètre enregistreur à mercure ! La démonstration fut un triomphe.
En dépit de l'expérience réussie de J. Charles avec son ballon gonflé à l'hydrogène, on constatera que les autres protagonistes de démonstrations publiques conservaient l'usage de l'air chaud. Même Lavoisier hésite entre les deux techniques : l'air chaud est simple et rapide d'emploi, propre aux usages de la vie civile ; l'air inflammable, en revanche, à charge égale permet un volume moindre de l'enveloppe, dispense les passagers d'un travail permanent et s'adapte même aux travaux scientifiques tels les observations météorologiques.
La querelle des globes célestes, les "Charlières" et des "Montgolfières" ironiquement appelées par les partisans des premiers "globes terrestres", s'est ainsi manifestée ouvertement tout l'été 1783. La raison "écologique", s'appuyant sur l'utilisation de produits toxiques pour la fabrication de l'hydrogène, joua certainement un rôle important dans le choix de l'air chaud. Mais la "facilité" relativement grande de l'entretien d'un foyer, à la portée d'un plus grand nombre, malgré le risque d'incendie permanent, orienta vraisemblablement les personnages épris d'aventure et d'honneur, voire arrivistes, vers ce système entraînant éventuellement quelques savants curieux. La course aux subsides ajoutait, sans doute, un élan supplémentaire à la querelle.
Le 21 novembre, après les démonstrations publiques de Paris et de Versailles, soit cinq semaines après le premier lancer officiel, Jean-François Pilâtre de Rozier (1704-1785) et François Laurent marquis d'Arlandes de Saleton (1742-1809), Major d'infanterie, s'élevaient dans les airs au-dessus de Paris, au Château de la Muette, à l'aide d'un "globe" à air chaud de 2200 m3. Ils atterrissaient à la Butte-aux-Cailles : c'était le premier vol libre humain. Il avait été construit par Réveillon, sous les directives d'Etienne de Montgolfier et avait été soumis depuis le 8 octobre à un certain nombre d'essais.
Dix jours plus tard, le 1er décembre 1783, Jacques Charles et Marie-Noëlle Robert, relevaient le défi de Pilâtre de Rozier. A bord d'un ballon de 26 pieds (8,5 m) de diamètre, la "Charlière", gonflé cette fois à l'hydrogène, ils réalisaient, en présence d'un très nombreux public aux Tuileries, à Paris, un envol présidé par Etienne de Montgolfier, lui-même.
A cette occasion, ils effectuèrent le premier sondage météorologique, à l'aide d'un baromètre et d'un thermomètre dont ils relevèrent les indications tout au long du parcours, jusqu'à leur atterrissage à Nesles-la-Vallée.
Ils avaient atteint 7000 pieds (2300 m).
L'aspect scientifique des ascensions n'avait pas échappé aux Commissaires (6) chargés, par l'Académie Royale des Sciences de Paris, d'examiner le fonctionnement de la "machine aérostatique" des frères Montgolfier. Dans leur rapport remis à l'Académie le 23 décembre 1783, ils stipulaient que :
" … L'aérostat
pourra être employé encore (7) dans beaucoup d'usages pour la Physique, comme
pour mieux connaître les vitesses et les directions des différents vents qui
soufflent dans l'atmosphère ; pour avoir des électroscopes portés à une
hauteur beaucoup plus grande que celle où on peut élever des cerfs-volants ;
enfin, comme nous l'avons déjà dit, pour s'élever jusque dans la région des
nuages et y aller observer les météores".
Le 14 février 1784, le Vicomte de Rocquefeuil présentait à l'Académie Royale des Sciences un mémoire sur les machines aérostatiques. Celui-ci comportait, entre autres, le moyen par lequel on peut connaître la hauteur du baromètre (à syphon) et celle du thermomètre (à mercure) associé à un "globe" qui serait abandonné à lui-même sans observateur. Ainsi les trois Commissaires (8) nommés par l'Académie concluaient dans leur rapport du 13 mars 1784 que :
"les observations météorologiques étant un des premiers objets
d'utilité que présentent les aérostats, nous croyons que M. de Rocquefeuil a
rendu service aux physiciens en leur indiquant le moyen de les faire à une
hauteur où les hommes ne pourraient peut-être pas atteindre …".
Cet avis de l'Académie Royale des Sciences de Paris ne fut pas suivi d'effet. Au XVIIIème siècle, les observations météorologiques aériennes restèrent occasionnelles ; elles continuèrent à être effectuées, ça et là, à l'aide de ballons montés. Il y eut, entre autres, l'ascension anecdotique de l'abbé Charles Carnus (1749-1792), le 6 août 1784, avec le professeur de Belles Lettres Louchet à bord de la montgolfière "Ville de Rodez" ; il y eut celle de Jean-Pierre Blanchard (1753-1809) et du Dr. John Jeffries (1744-1819) du 7 janvier 1785 à bord de la Charlière, qui restera célèbre par leur traversée de la Manche depuis Douvres, devançant ainsi le projet de Pilâtre de Rozier.
Comme on l'a souligné, les ascensions de "globes" à air chaud, en quelques mois, se multiplièrent. Elles suscitaient un enthousiasme délirant. En 1784, on vit entre autres :
- le 19 janvier à Lyon, le plus grand ballon du monde "Le Flesselles" de Joseph de Montgolfier ;
- le 4 juin à Lyon le vol d'Elisabeth Trible et Fleurant à bord de "La Gustave", en présence du roi de Suède Gustave III ;
- le 23 juin à Versailles Pilâtre de Rozier et le pharmacien Louis-Joseph Proust (1764-1826) à bord de la "Marie-Antoinette" ;
- le 11 juillet à Paris l'abbé Miolan, professeur de physique et J.F. Janisset, graveur, à bord de leur "Montgolfière" dirigeable qui, par ailleurs, devait rester au sol ; le physicien de Saussure avait annoncé que cet aérostat servirait à différentes expériences notamment en l'aérologie, etc …
Dans les principales villes de France, faute de pouvoir financièrement organiser des ascensions montées coûteuses, on lançait quantité de petits ballons à air chaud, abandonnés à eux-mêmes et dont l'envolée ravissait de nombreux spectateurs ; l'un de ces ballons, lancé du Champ de Mars à Paris fut même l'objet de visées simultanées faites par de célèbres astronomes, postés sur les principaux monuments afin d'en déterminer la trajectoire. Ils représentaient cependant un danger d'incendie et leurs vols durent être réglementés.
Ces manifestations s'étendirent à l'Europe.
Le 6 décembre 1784, Lavoisier et Berthollet évoquaient alors, devant l'académie des Sciences, l'urgence à trouver une technique pratique, sûre et peu coûteuse pour produire de l'hydrogène.
Et fin février, début mars 1785, les expériences sur la décomposition et la synthèse de l'eau, réalisées par Lavoisier, assisté de J.B. Meunier (8 bis) relançaient temporairement l'intérêt des homes de sciences. Cet intérêt résidait non seulement en raison de la nouvelle théorie de la chimie mais aussi du procédé économique de préparation de l'hydrogène destiné aux gonflements des aérostats.
La répétition abusive des démonstrations publiques des "Montgolfières" et autres petits "globes" perdus laissaient place, peu à peu, à une certaine désaffectation, notamment à la suite du drame du 15 juin 1785 où Pilâtre de Rozier et Pierre-Ange Romain perdirent la vie à Wimereux près de Boulogne-sur-Mer. Ils voulaient traverser la Manche à bord d'une aéro-montgolfière (Charlière et Montgolfière combinées) "La Tour de Calais".
Les montgolfières perdirent alors leur intérêt.
Jusqu'en 1793 l'aérostation ne représentait guère qu'un moyen d'excursion aérienne, risqué il est vrai.
Après 1793 c'est l'intérêt militaire (9) qui dominait ainsi, en 1794, fut créé, par Jean-Marie Coutelle, la Compagnie des aérostiers. On se souvient, à cet égard, de la bataille de Fleurus, en 1794, au cours de laquelle les ballons à hydrogène jouèrent un rôle important.
Mais cet intérêt pour l'exploitation militaire du milieu atmosphérique, à son tour, s'estompa : le Directoire supprima la Compagnie des aérostiers et même Napoléon-Bonaparte n'y voyait que peu d'intérêt. Plusieurs tentatives de guidage des ballons furent réalisées avec des aéromongolfières mais 'aérostation retomba au niveau des objets dits "au ballon" et des fêtes publiques. Très nombreux furent ces objets au XVIIIème siècle (boîtes, médaillons, miniatures, bonbonnières, faïences et porcelaines, éventails notamment de 1783 à 1785 etc …) ; tout autant le furent ceux du XIXème siècle. Ils étaient cependant plus sobres et relevaient davantage des ustensiles financièrement plus accessibles. Par ailleurs, certains aéronautes, dans la seconde moitié du XIXème siècle, voulant tirer profit de leurs ascensions, donnaient des baptêmes de l'air ou organisaient des spectacles populaires avec leur ballon, faisant même exécuter au-dessous, des exercices acrobatiques.
Les ouvrages techniques se développaient, les œuvres littéraires, contes scientifiques, relataient des exploits par ballon (Edgar Allan Poe, 1844 ; Hans Christian Andersen, 1852 ; Jules Verne, 1862) succèdant au "Voyage de Lapérouse autour du monde" publié en 1797 en quatre volumes par Milet Mureau.
Malgré tout il se maintenait un certain intérêt pour les observations météorologiques aériennes. Tout au long du XIXème siècle, relativement nombreuses furent les ascensions montées de cette nature. En effet on peut citer, tant en France qu'en Europe (10), celles de Robertson et Lhoest (1803), de Gay-Lussac (19 septembre 1804), de Barral et Bixio (27 juillet 1850), de Glaisher et Coxwell (29 ascensions de 1862 à 1866), de Crocé-Spinelli, Sivel, Jobert et les frères Albert et Gaston Tissandier à bord du ballon "le Zénith" (23-24 mars 1875), de Charles du Hauvel et Duté-Poitevin (17 avril 1876), d'Henri Giffard (juillet 187) etc …
Claude Jobert (1829-1903), ingénieur mécanicien, qui participa à la première ascension du "Zénith", avec Crocé-Spinelli, Sivel et les frères Tissandier, s'intéressait vivement aux mesures météorologiques effectuées à l'aide de ballons. Ainsi, parmi une trentaine de propositions diverses qu'il a présentées à la Société Française de Navigation aérienne, entre le 11 juin 1870 et le 18 octobre 1887, on relève dans la liste manuscrite qu'il a lui-même dressée :
. 21 mai 1873 : principe d'une ancre-sac pouvant servir à l'arrêt des ballons sur terre et sur mer ainsi que celui d'un ballon muni d'un enregistreur automatique donnant toutes les indications utiles à la météorologie ;
. 28 mai : principe de "globes" en terre cuite dans lesquels on a fait le vide pour recueillir l'air des hauteurs et l'analyser ;
. 3 décembre : un "ballon météorologique libre muni d'une nacelle contenant des instruments enregistreurs automatiques qui laissent tomber sur le sol tous les quarts d'heure une feuille indicatrice, ainsi que des baromètres, thermomètres, hygromètres, l'heure et la minute. Un appareil photographique qui, déclenché en même temps que la feuille tombe, marque sur une feuille sans fin toutes les indications pouvant servir à la météorologie d'altitude, en reconstituant en regard des feuilles tombées qui retournent aux observatoires ou sociétés, toute la route parcourue avec grande précision, la différence de température des hautes couches, la direction des vents régnant aux différentes hauteurs …".
. 18 mars 1874 : instrument propre à indiquer l'électricité contenue dans le nuage ;
. 17 novembre : emploi d'un thermomètre indicateur à l'intérieur du ballon pour apprécier les différences de températures. Cette idée a servi, selon Jobert, à la "gouverne intelligente et scientifique des ballons, employés dans l'ascension des 23 et 24 mars 1875". (11)
. en mai 1879, il proposait deux appareils destinés à cuire automatiquement l'huile de lin pour vernir le ballon.
Claude Jobert s'est également intéressé aux techniques du cerf-volant et de ses applications, notamment la photographie aérienne (juillet 1880).
Alors que les aéronautes emportaient, dans leur expédition, baromètre, thermomètre, hygromètre, permettant, par lecture directe, de noter la valeur des paramètres atmosphériques au cours de l'ascension, des ballons "perdus", avec une force ascensionnelle suffisante, devaient entraîner les instruments ; les informations enregistrées devaient nécessairement être récupérées à distance, au sol.
En 1784 le Vicomte de Rocquefeuil avait bien imaginé un dispositif de repérage de la valeur extrême de la température et de la pression mais comme il a été dit, cette proposition n'avait pas retenu l'attention des savants malgré l'avis bienveillant de l'Académie Royale des Sciences de Paris.
NOTES
(1)
Un essai sommaire mais encourageant de Joseph-Michel (1740-1810) fin
novembre 1782, à Avignon, avec un cube de taffetas de soie d'environ 1m3,
avait engagé les deux frères, Joseph et Jacques-Etienne (1745-1799) à
renouveler l'expérience. Celle-ci se déroula début décembre 1782, à
Annonay, avec une enveloppe similaire qui s'éleva à environ 30 m. Etienne de
Montgolfier signale d'ailleurs cet événement stupéfiant à l'Académie des
Sciences de Paris par l'intermédiaire de l'Inspecteur général des
Manufactures de France : Nicolas Desmarets.
Les deux frères renouvelèrent
leur expérience avec succès le 14 décembre 1782 au-dessus de leur usine de
Vidalon avec un "globe" d'environ 30m3 et plusieurs autres
fois avec le même succès.
(2)
Jacques-Alexandre-César CHARLES (1746-1823) est le dernier représentant
de la lignée des plus talentueux professeurs-démonstrateurs du XVIIIème
siècle qui ont rendu populaire la physique expérimentale. Ses dons qu'il avait
exercés préalablement dans les arts, sa méticulosité et son extrême habileté
attiraient des assemblées brillantes dans un cabinet de physique le plus beau
d'Europe. Il a été bibliothécaire de l'Institut royal.
(3)
Marie-Noël ROBERT (1760-1820) et son frère aîné Anne-Jean (1758-1820)
étaient des fabricants renommés d'instruments de physique ; ils découvrirent
le secret de la dissolution de la "gomme élastique".
(4)
Enveloppe "légère et flexible" de taffetas enduite d'une
dissolution de "gomme élastique" dans de l'huile de térébenthine, découverte
par les frères Robert et mise au point par Charles après un certain nombre
d'essais.
(5)
Les frères Montgolfier, vraisemblablement informés des travaux sur les
gaz d'Henry Cavendish (1731-1810) et du pasteur Joseph Priesley (1733-1804),
avaient déjà tenté, mais sans succès, d'enfermer de l'hydrogène, cet
"air inflammable" et léger de leur fabrication, dans des sacs en
papier hélas trop perméables au gaz.
(6)
Jean-Baptiste Le Roy (1720-1800), physicien ; Mathieu Tillet
(1714-1791), agronome ; Mathurin Brisson (1723-1806), naturaliste et
physicien ; Louis Cadet de Gassicourt (1731-1785), apothicaire-major des
armées du Roi ; Antoine-Laurent de Lavoisier (1745-1794), chimiste ;
Charles Bossut (1730-1814), mathématicien ; Marie-Jean-Antoine-Nicolas
Caritat, marquis de Condorcet (1743-1794), mathématicien, philosophe et
économiste ; Nicolas Desmarets (1725-1815), naturaliste, géologue, minéralogiste,
encyclopédiste, Inspecteur Général des Manufactures de France.
(7)
Précédait l'énumération des applications et usages de la Machine aérostatique
dont une grande partie avait été imaginée par Mrs de Montgolfier.
(8)
Jean-Charles de Borda, dit le Chevalier de Borda (1773-1799),
physicien, mathématicien, marin ; Charles-Augustin Coulomb (1736-1806),
physicien ; Adrien-Marie Le Gendre (1752-1833), mathématicien.
(8 bis) Jean-Baptiste-Charles Meusnier de la Place
(1754-1793) jeune officier du Génie et géomètre.
(9)
Sur proposition de Monge, en
1793, le Comité de Salut public confia la mission d'une étude à Jean-Marie
Coutelle (1747-1835), physicien, assisté de Nicolas Jacques Conté (1755-1805),
peintre, inventeur et aéronaute, sur la préparation industrielle de l'hydrogène
mise au point dans le parc du château de Meudon. C'est dans ce parc que sera créé
en 1877, par le colonel Laussedat le Service d'aérostation militaire
sous la direction du capitaine Charles Renard.
Notons que J.M. Coutelle
fit des observations météorologiques en Egypte au cours de la campagne de
Bonaparte alors que N.J. Conté, Membre de la direction du CNAM et directeur de
l'école des aérostiers (fin 1794) y était chef du corps des aérostiers (départ
le 2 mars 1798).
(10)
Achille Rouland, archiviste de l'Académie d'aérostation météorologique
(créée en 1879), dans sa remarquable chronologie des principales ascensions aérostatiques
en 34 volumes, signale, pour la période comprise entre le 4 juin 1783 et le 21
juillet 1889, 5000 ascensions de toute nature, montées ou non montées, civiles
ou militaires, terrestres ou maritimes y compris celles effectuées pendant le
siège de Paris ; 61 ascensions ont été effectuées sous le patronage de
l'Académie d'aérostation météorologique, en 10 ans. Son étude porte ensuite
sur la période de 1890 à 1895.
(11) Au cours de cette ascension, à bord du ballon
"Zénith", avec Crocé-Spinelli, Sivel, Alfred et Gaston Tissandier,
Claude Jobert lança par dessus bord des imprimés de sa conception destinés à
être recueillis à terre puis renvoyés à Paris avec les indications de la
pression atmosphérique, de la température et de l'état du ciel relevées sur
la trajectoire du "Zénith".
(2ème partie)
Le 19 avril 1844, Lucien VIDIE (1805-1866), avocat français, passionné des machines à vapeur, avant même sa thèse de doctorat en droit, déposait son premier brevet pour un "vase barométrique", sans liquide, à résistances inégales, le baromètre anéroïde constitué d'un tube en cuivre plissé. Ce premier brevet fut suivi le 8 octobre 1844, d'un brevet d'addition et le 28 juillet 1845 d'un brevet de perfectionnement (extension au manomètre et autres instruments). Au cours des nombreux procès qu'il dut soutenir, de 1851 à 1861, à l'encontre d'Eugène Bourdon, pour faire valoir ses droits d'inventeur, il lui fut opposé une douteuse antériorité de Nicolas Jacques CONTÉ datant de 1798 et même, celle d'un ingénieur russe ZEIHER de 1758 (12)*. La Cour de Cassation de Paris lui donna définitivement gain de cause le 9 juillet 1861 (les brevets de Vidie étaient cependant expirés depuis le 27 avril 1858 sans espoir de prolongation).
En 1849, soit 5 ans après le brevet de Vidie, Eugène BOURDON (1808-1884), mécanicien français, commençait en effet à fabriquer le manomètre métallique qui devait porter son nom (13). Il en avait pris le brevet le 18 juin, suivi le 3 septembre d'un brevet d'addition, extrapolant le principe du tube métallique méplat au baromètre, au thermomètre et autres appareils. Il l'exposa à l'Exposition universelle de Londres organisée en 1851 par la Royal Society of Art and Manufactures, puis il céda la partie de sa licence concernant le baromètre métallique à Félix RICHARD, industriel français (14). Celui-ci avait adopté, par ailleurs, la capsule anéroïde (15).
Des enregistreurs voyaient le jour, dès 1867, mais ils étaient volumineux, lourds, fragiles et … chers et ne pouvaient être installés que dans un laboratoire. Ce fut notamment le célèbre météorographe du R.P. Angelo SECCHI (1818-1878), directeur de l'observatoire du Collège Romain, présenté à l'Exposition universelle de paris en 1867 (16). Ce fut le barométrographe d'Axel Gabriel THEORELL (1835-1875) (barométrographe construit pour l'observatoire d'Upsala) en 1867 également, celui de Van RYSSELBER-GUE (1846-1893) Professeur à l'Ecole de navigation d'Ostende, en 1871 ; celui d'Antoine REDIER (1817-1892), en 1876. Par ailleurs, ce dernier présentait en 1878, un thermomètre métallique (zinc-acier). On peut noter également les barométrographes de BREGUET, de CROVA, de l'Observatoire de Montsouris.
Jules Nicolas RICHARD (1848-1930) ayant repris l'entreprise défaillante de son père Félix au décès de celui-ci, développa (17), avec un grand succès commercial, son baromètre anéroïde "à grande marche". En 1878, avec son frère Félix-Max, il put présenter, à l'Exposition universelle de Paris, le premier enregistreur sur papier au noir de fumée à ordonnées rectilignes, réalisé pour les besoins du capitaine Charles RENARD.
· Ces instruments étaient montés sur un socle protégé par un couvercle vitré ; le d'enregistrement contenant le mouvement d'horlogerie, était fixé sur un axe vertical ; le tube de Bourdon ou la capsule de Vidie était relié mécaniquement à un style par un système de leviers amplificateurs légers. A l'extrémité du style, une plume à encre de forme pyramidale enregistrait les variations du paramètre pendant plusieurs jours.
· Charles Alfred ANGOT (1848-1924), alors chef du service de la climatologie et des instruments au Bureau Central Météorologique, présenta les nouveaux enregistreurs à encre Richard (baromètre et thermomètre) à la Société française de Physique le 1er avril 1881 et le baromètre enregistreur à la Société Météorologique de France le 5 avril suivant. Les aéronautes Ch. Du Hauvel et Duté-Poitevin utilisèrent le barographe au cours de leur ascension à 1400 m le 20 octobre 1881.
*
Comme pour la première partie (Arc-en-Ciel n° 136) toutes les notes (ici de 12
à 34) sont renvoyées en fin de texte.
· Le 12 juillet 1884, Gaston Tissandier publiait, dans la revue "La Nature", un article sur le nouvel hygromètre enregistreur Richard en essai depuis 1882 et dont l'élément sensible était une lamelle de corne de bœuf.
A partir de 1891, Gustave HERMITE (20) et Georges BESANÇON (21), qui s'étaient associés pour une expédition au Spitzberg (34) mais sans pouvoir réunir les fonds nécessaires, s'intéressèrent au lancement de ces ballons perdus qu'ils devaient appeler plus tard "ballons-sondes".
Dès le mois de mars 1892, du boulevard Sébastopol, à Paris, ils lâchèrent presque tous les jours, des ballonnets de moins de 1m3 emportant chacun une carte-questionnaire, à leur adresse, pour qu'elle leur soit renvoyée ; ces ballons étaient souvent équipés d'un distributeur automatique afin de déterminer les variations de vitesse et les variations de direction du ballon ; bon nombre d'entre-elles, environ 50 %, furent retrouvées dans un rayon de moins de 150 km.
Le 1er juillet, Gustave HERMITE, au cours d'une séance à l'Ecole supérieure de navigation aérienne (ESNA), présidée par Wilfrid de FONVIELLE (22) exposait son projet de sonder les hautes régions de l'atmosphère en lançant des petits ballons libres, légers, bien lestés et munis d'appareils, qui s'élèveraient à une grande hauteur et rapporteraient des indications précieuses. Pour cela, il avait inventé un nouveau baromètre-témoin type Janssen (23) auquel il avait adjoint un bouchon de caoutchouc qui, à la descente, viendrait obstruer le tube et empêcher le mercure de s'échapper.
Le 5 août il adressait une nouvelle communication à l'ESNA pour annoncer qu'il allait procéder à ses expériences ; à cet effet, il révélait avoir construit un ballon de papier de 6 m de diamètre (113m3) qui, d'après ses calculs, pourrait atteindre 20 000 m. Les deux essais qui s'en suivirent, le 7 août et le 8 septembre échouèrent pour des raisons matérielles : ballons devenus hors d'usage au cours des manipulations, déchirure au lancement.
Puis ce fut une série de communications à l'ESNA les 16 septembre, 14 octobre, 28 octobre et 11 novembre relatant ses projets et la progression de ses expériences réalisées les 17 septembre, 11 octobre (1ère expérience réussie : ballon et instruments sont recueillis à 75 km de Paris), celles des 14, 16 et 19 octobre et 2 novembre 1892. Au cours de cette dernière il avait utilisé un ballon de baudruche de 2 m de diamètre (4m3) gonflé au gaz d'éclairage, équipé d'un baromètre à maxima que l'on a retrouvé à Ervy (Aube) et qui attestait une altitude atteinte de 8700 m.
Le 14 novembre, le même ballon, gonflé au gaz d'éclairage emportait un baromètre à maxima, un thermomètre à maxima et minima ; on retrouvait le ballon à Châvres (Oise), l'altitude atteinte était de 7600 mètres.
Ce fut à la même date, le 14 novembre 1892, que Louis Capazza (24) soumettait à l'Académie des Sciences de Paris, sa proposition de réaliser des ascensions à très grandes hauteurs, sans aéronaute, pour effectuer des mesures scientifiques. Sa réflexion reposait sur son expérience, vécue le 12 juillet 1892, au cours d'une ascension qu'il avait effectuée avec un ballon d'étoffe recouvert d'un parachute de son invention et auquel était suspendue la nacelle. Arrivé entre 1200 et 1300 m, il avait volontairement fendu son ballon "de la soupape à l'appendice" ; celui-ci s'affaissa sur le cercle de charge situé au-dessus de sa tête ; 360 m² de parachute, supportant alors 500 kg de charge, déposa à terre l'aéronaute en 15 minutes sans la moindre secousse ni oscillation, malgré la pluie et le vent". Ainsi, conclut Capazza, ne pourrait-on pas lancer des appareils de précision à n'importe quelle hauteur à l'aide d'un gros ballon dont la nacelle, imperméable, serait remplie d'eau rendue incongelable qui se déverserait automatiquement par un robinet ? On appellerait l'aérostat "l'Espace" ; il pourrait atteindre 20 000 mètres, et les appareils enregistreurs seraient déposés à terre doucement grâce à un parachute ; ainsi, le drame du "Zénith" (25) ne se renouvellerait pas et l'on pourrait faire toute une série d'ascensions, notamment la nuit.
Louis Capazza s'engagea même à réunir les fonds nécessaires pour réaliser l'expérience si l'Académie prenait intérêt à sa proposition.
Cette publication déclencha immédiatement deux réactions : celle de Gustave Hermite et celle du Commandant Renard (26). Ce dernier, "bien moins de revendiquer l'idée première des sondages à très grande hauteur par ballons perdus, idée qui peut venir à tout le monde, que de faire connaître le résultat de mes recherches …", fit une communication à la Société Française de Physique, au cours de sa séance du 18 novembre 1892 : c'était quatre jours après la proposition de Louis Capazza à l'Académie.
Son projet de sonde aérienne, peu coûteuse, permettrait d'exécuter à peu de frais et à très grandes hauteurs (18 ou 20 km) de nombreuses mesures de toute nature (thermométrie, actinométrie, hygrométrie, électricité atmosphérique, composition chimique de l'air, etc …).
VIOLLE (27) avec son actinographe embarquable, LEDUC (28) avec ses ballons à prélèvement automatique de l'air ainsi que Ch. E. GUILLAUME (29), et d'autres encore, ses collègues de la Société Française de Physique, étaient déjà dans la confidence du projet.
Il exposa les calculs qui le conduisirent à fixer la valeur des paramètres qui conditionnent une telle entreprise :
- volume et masse du ballon (imperméable à l'hydrogène),
- masse limite des instruments enregistreurs (nécessaire amélioration de la masse des instruments construits par J. Richard),
- protection légère des appareils contre les chocs de l'atterrissage.
Ch. Renard termina par l'estimation des frais qui en résulteraient par beau temps et par mauvais temps.
Dans ce dernier cas, il suggéra de recourir à la méthode imaginée à Metz, en 1870, par le colonel du Génie Goulier : " … le ballon entièrement rempli sera lesté d'un sac plein (30), dont l'écoulement sera réglé de façon à élever la zone d'équilibre d'environ 3 mètres par seconde" ! …
Dans sa communication du 5 décembre 1892 à l'Académie des Sciences de Paris (séance du 12 décembre) où il reprit sommairement sa proposition, Ch. Renard annonce son intention d'essayer prochainement son ballon-sonde de 113 m3 réalisé avec du papier japonais imperméabilisé par un vernis spécial, pesant 50 g/m² ; les instruments, barographe et thermographe Richard allégés et réduits à 1200 g chacun, sont individuellement protégés par une cage en osier et bambou au sein de laquelle chacun est suspendu par huit ressorts en caoutchouc ; le système réalisé est représenté à l'Académie : l'altitude escomptée est de 20 700 mètres.
On notera que Ch. E. Guillaume dans un article daté du 3 décembre 1892, de la revue des sciences "La Nature", fait état de la communication du Commandant Renard adressée à la Société Française de Physique le 18 novembre mais aussi, avec une certaine anticipation, celle du 5 décembre et adressée à l'Académie des Sciences qui l'examine dans sa séance du 12 décembre.
Le Commandant Renard réalisa son expérience le 31 mars 1893; les 4 et 5 avril, au cours d'une exposition à la Société Française de Physique, il exposa avec succès son remarquable train de sondage atmosphérique.
Si la réaction du Commandant Renard fut vive, celle de Gustave Hermite ne le fut pas moins.
Le 17 novembre 1892, sortant de sa relative réserve Gustave Hermite avait adressé une lettre au Secrétaire perpétuel de l'Académie des Sciences de Paris pour "établir une priorité, non pas d'invention, mais d'application d'une méthode appelée à rendre de grands services à la météorologie". Il lui communiquait le résultat succinct des expériences qu'il avait entreprises depuis le début de l'année, en lui décrivant principalement celles du 2 novembre et du 14 novembre 1892.
Fort de ces deux expériences, il contestait l'utilisation d'un parachute, a contrario de ce que préconisait Louis Capazza.
Quatre jours plus tard, le 21 novembre 1892, G. Hermite adressait une seconde lettre au Secrétaire perpétuel : un extrait de cette lettre constitua une note dans le compte-rendu de l'Académie des Sciences de la même date.
On connaît la suite des expériences de G. Hermite et G. Besançon après le lancement de leur ballon, le 27 novembre 1892, qui atteignit 9000 m.
G. Hermite et Ch. Renard semblent s'être quasiment ignorés réciproquement dans leurs travaux respectifs.
Leur coexistence n'en existait pas moins au sein de la Société Française de Physique et notamment à l'occasion de l'exposition organisée par celle-ci les 4 et 5 avril 1893.
Comme il a été dit précédemment, au cours de cette exposition, le Commandant Renard obtint un indéniable succès pour son train de sondage atmosphérique. Toutefois, bien que son mode d'emballage des appareils enregistreurs ait été fort ingénieux, la S.F.P. jugea souhaitable de ne pas modifier celui qu'Hermite et Besançon avaient adopté et qui remplissait son office de manière satisfaisante.
On peut lire, par ailleurs, dans la revue "Aérophile" de mai 1896, un commentaire de Georges Hermite dans son compte-rendu sur la troisième ascension de son ballon explorateur l'"Aérophile" du 20 octobre 1895 :
"Quelques mots, d'abord, au sujet de cette expression de ballon
explorateur qui, sans être aussi euphonique, il est vrai, que la "sonde aérienne"
du Commandant Renard, nous paraît plus juste. Les instruments enregistreurs
suspendus au léger aérostat de baudruche sont, en effet, de véritables
explorateurs automates …"
Dès 1892, Jules VIOLLE avait organisé avec le Commandant Renard des expériences avec des ballons emportant un actinomètre de sa conception qu'il avait présenté au Congrès de Rome en 1879 : il consistait en une boule de cuivre, noircie extérieurement et renfermant intérieurement un appareil thermométrique dont les indications pouvaient s'inscrire à distance sur un cylindre enregistreur. Pour des "circonstances indépendantes" de leur volonté, ces expériences furent très longtemps retardées, trop longtemps selon J. Violle. Il les confia cinq ans plus tard à Hermite et Besançon à l'occasion de l'ascension du ballon monté "Le Balaschoff" (31) le 21 octobre 1897 puis au cours du lancement d'un ballon-sonde de 465 m3 lancé le 8 juin 1898.
Charles Renard a réalisé une œuvre considérable dans le domaine aéronautique. On lui connaît surtout la création, avec le capitaine Arthur KRIEBS (1847-1935), du dirigeable à propulsion électrique "Le France" avec lequel, pour la première fois, le 9 avril 1884, ils effectuaient un circuit fermé entre Chalais-Meudon et Villacoublay.
Si les travaux novateurs de Charles Renard portaient principalement sur les problèmes de la propulsion aérienne, ils concernaient aussi les problèmes non spécifiquement aéronautiques (train Renard à propulsion continue, normalisation avec la série de Renard) et le perfectionnement du matériel auxiliaire (soupape de sûreté, ancres, suspension de ballon captif, treuil, production continue d'hydrogène etc …).
C'est en 1890 que Charles Renard aurait calculé et lancé les premiers ballons-sondes. Mais le développement du ballon-sonde ne représentait sans doute pour lui qu'une activité relativement marginale bien qu'importante en soi. On le disait par ailleurs d'un tempérament modeste.
Wilfrid de Fonvielle jugeait différemment cette compétition. Bien qu'il ne contestait pas les formules établies par le commandant Renard dans son Mémoire de 1892 à l'Académie des Sciences, il écrivait, dans son ouvrage sur "Les ballons-sondes de MM. Hermite et Besançon et les ascensions internationales", paru en 1898 :
"Jusqu'à ce moment (32) le bombardement du ciel à l'aide d'aérostats-sondes était une entreprise qui appartenait à MM. Hermite et Besançon. Comme quelques personnes l'ont avancé, des tentatives ont été faites à Chalais-Meudon ; elles sont sans importance du point de vue de l'antériorité scientifique. En effet, il manque à ces travaux la sanction de la publicité, qui est essentielle, suivant les principes qu'ARAGO a établis. Cette circonstance tient, il est à peine besoin de le dire, au secret que le Ministre de la Guerre impose à tous les officiers dont il met à contribution le savoir. Mais ce que l'on a raconté à l'Académie des succès de nos jeunes compatriotes devait leur susciter une honorable compétition contre laquelle ils ont pu se défendre vaillamment …"
Il est vrai que W. de Fonvielle, Président de l'Ecole supérieure de navigation aérienne, ne négligeait pas la publicité valorisant les travaux de Georges Hermite, l'un des trois vices-Présidents et de G. Besançon, son Directeur. Ainsi, dès la séance du 13 janvier 1893 de l'Union aérophile de France, soit trois mois après l'exploit de G. Hermite, il annonçait avoir fait paraître dans le "New-York Herald", un article sur leurs expériences à grande hauteur.
Gustave Hermite et Georges Besançon ont bien mis à l'épreuve de leurs expériences l'idée qu'Hermite avait exprimé à l'Ecole supérieure de navigation aérienne dès le 1er juillet 1892. Cette idée que d'autres avaient exprimée avant lui, comme Claude JOBERT, en 1873. G. Hermite lui en reconnaît d'ailleurs l'antériorité tout en la contestant à Louis CAPAZZA et en insistant sur la valeur du système que lui-même a mis en pratique et qui lui paraît supérieur à ceux que l'on a proposés depuis le commencement de ses expériences …
Dans la correspondance qu'il entretenait avec Charles Renard, Claude JOBERT a réagi aux travaux d'Hermite à qui il reprochait la manière d'expérimenter. Tout comme il y manifestait d'ailleurs un certain nombre de griefs à l'encontre de ses contemporains scientifiques : Capazza à qui il reprochait de s'être approprié son invention du parachute-lest, le Docteur Abel Hureau de Villeneuve, secrétaire général de la Société Française de Navigation aérienne, qui ne l'invitait plus aux séances depuis plusieurs années, W. de Fonvielle qui, notamment, aurait "éreinté" Ch. Renard, et même Gaston Tissandier, Dion et Yon pour leurs travaux.
La critique à l'égard de Gustave Hermite a été reprise dans un article de "La France aérienne" du 1er au 15 juin 1893 ; il y est dit à propos de l'invention des ballons météorologiques libres que :
"Les expériences d'un étranger, M. Hermite, autour desquelles on a fait récemment un certain bruit, ne sont que la mise en pratique des projets de M. JOBERT qui, depuis 1873, a vulgarisé cette invention et en a même fait le sujet d'une communication les années passées, au Congrès des Sociétés savantes".
Il est nul doute que la mise en œuvre des ballons-sondes a représenté des difficultés expérimentales très importantes que les calculs ne pouvaient résoudre (33) ; les retouches successives apportées par les deux aéronautes après chaque expérience tant sur la qualité de l'enveloppe du ballon que sur la fiabilité instrumentale et la maîtrise du lancement, leur ont permis de soutenir avec leur "Aérophile" une comparaison flatteuse au cours d'ascensions internationales notamment celles du 14 novembre 1896.
C'est bien ainsi que A. Bouquet de la Grye, Membre de l'Institut, a rendu, en 1897, un vibrant hommage à Hermite et Besançon pour la réussite de leurs tentatives, réussite complète qui a suscité, hors de France, une émulation incontestable, comme l'a souligné également, avec enthousiasme, Wilfrid de Fonvielle.
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