VISITE A L’INSTITUT DU MONDE ARABE

Le 11 janvier dernier, nous nous sommes retrouvés à vingt et un au pied de l’Institut du Monde Arabe afin de participer, accompagnés d’une guide aussi compétente que jolie, pour la visite de l’exposition “Venise et l’Orient”.

 

Celle-ci couvre une période de près d’un millénaire (828/1797). Elle commence par la visite de deux marchands vénitiens qui auraient rapporté des reliques de Saint-Marc. Venise, grande cité commerciale aura dès lors des relations étroites avec le monde musulman, desquelles découleront des influences réciproques dans les domaines des arts décoratifs : le verre, le métal, la reliure, la céramique, le textile, la peinture (l’œuvre de Gentile Bellini, qui passa deux ans à Istanbul à la demande du Sultan est très significative de ces courants).

 

Tout au long de cette visite, on peut admirer des tapis de toute beauté, de la verrerie finement décorée, des bronzes finement ciselés, et nombre de tableaux de Bellini, Carpaccio ou Mansueti. La religion musulmane interdit la représentation humaine, mais cela n’a pas empêché plusieurs Sultans de se faire portraiturer.

 

Les architectes vénitiens seront également influencés par cette culture moyenne orientale.

 

En fait, l’exposition couvre toute l’histoire de la république de Venise. Les relations privilégiées avec le monde arabe cesseront avec la fin de l’autonomie de cette république (1797), par l’intervention de Napoléon brûlant Bucentaure (*), marquant ainsi la fin du monopole des échanges.

 

(*) Bateau de cérémonie dont on se servait à Venise pour le mariage du Doge avec la mer. Cette cérémonie s’accomplissait le jour de l’Ascencion.

 

Michel Maubouché