HENRI
LARTIGUE le météo qui inventa le "crocodile"
Henri Lartigue (1) est né à
Saint Mandé, le 30.09.1830, d’une famille aisée originaire du Gers. Après
de bonnes études scientifiques, où il s’est surtout intéressé à
l’astronomie et à la météorologie, il entre
à l’Observatoire de Paris en 1852, l’année même où Arago cède sa
place de Directeur à Le Verrier. Le 30.01.1854, celui-ci obtient la création,
au sein de l’Observatoire, du premier ‘’Service Météorologique’’, au
quel est affecté Henri Lartigue. Il écrit alors un ouvrage : ‘’De
l’influence des vents dominants
dans le golfe de Gascogne’’, ce dernier est, en effet, toujours redouté des
marins et l’était plus encore à l’époque des voiliers. Mais on sait que
la férule de Le Verrier était très rude et tous ses collaborateurs s’en
sont plaints. Plusieurs ne l’ont pas supporté et parmi eux Lartigue qui démissionna
en 1856.
Il fit alors une brillante
carrière dans les services du télégraphe de la Compagnie des Chemins de Fer
du Nord – on sait que la SNCF ne fut créée qu’en 1937-. Il fit preuve
d’un esprit original et créatif grâce à
de nombreuses inventions, toutes basées sur l’utilisation de l’électro-aimant
et qui se situent donc dans la
ligne des travaux d’Arago. En collaboration avec son frère Charles
(1834-1907), il réalisa un sémaphore, un monorail et surtout le
‘’crocodile’’, tapi entre les rails, qui fut mondialement utilisé pour
le contrôle de la marche des trains. Il mourut prématurément dans une épidémie,
à Paris, en1884.
Son frère Charles eut un fils
Jacques-Henri (1894-1986) qui épousa la fille du célèbre compositeur André
Messager et s’illustra comme peintre et plus encore comme photographe. Il fit
le portrait officiel du Président Giscard d’Estaing. Toute sa
descendance parait avoir eu des dons artistiques et un de ses petits-fils,
Martin, fut le modèle du bien connu ‘’Petit Gibus’’ de l’inoubliable
‘’Guerre des Boutons’’, célèbre film réalisé par Yves Robert d’après
le roman de Louis Pergaud.
1 – En béarnais, une
‘’artigue’’ est une région de pâturage, plate, dans la montagne,
traversée par un cours d’eau.
Pierre Duvergé