Fidèle adhérent de l’AAM depuis mon départ en retraite en 1986, je lis avec plaisir notre bulletin Arc En Ciel que je trouve bien présenté et intéressant.

C’est toujours avec émotion que je découvre les souvenirs des uns et des autres : on y trouve parfois des noms de personnes que l’on a soi-même connues.

Dans le numéro 150, notre Président, dans son éditorial (cinquante ans !) évoque le souvenir de ceux «  … qui lui ont appris le terrain … » et je cite «  …P. Pérignon à Oujda, puis Ange (son prénom ne me revient pas) au col du Touhar (Maroc) … »

J’espère faire plaisir à M. Maubouché en lui apportant quelques précisions concernant Henri Ange. Fin 1947 ce dernier avait, au Maroc, réussi le concours d’adjoint technique de la météo. Il venait de quitter l’armée de l’air, comme sergent, je crois. Il devait donc venir faire son stage au fort de Saint Cyr début janvier 1948.

Moi-même, auxiliaire à Tanger, ayant réussi ce concours, je rejoignais Casablanca dans le même but. C’est là que nous avons fait connaissance. Nous devions emprunter un vieux JU 52 du Secrétariat Général à l’Aviation Civile pour gagner Le Bourget. L’appareil effectuait un voyage avec une mission pour les postes de radio sondage d’Afrique du Nord et ayant connu plusieurs pannes au cours de son périple, nous avons commencé le stage trois semaines après les camarades.

Ange et moi-même, venant tous deux du Maroc, avons bien sympathisé au cours de ces six mois. Bien que prénommé Henri, il avait le surnom de « Bicou », je ne sais pour quelle raison.

A l’issue du stage, nous avons tous deux rejoint le Maroc affectés, lui au col du Touhar, moi à Rabat-ville. Il a eu, hélas, quelque temps plus tard, dans sa station  de sérieux soucis avec un collègue « difficile », alors qu’il était de son côté, à mon avis, un garçon sympathique et très avenant. Et ce collègue … était issu de notre stage ! Enfin !

Les évènements de l’indépendance ont fait complètement bifurqué nos routes : affecté à Nantes en 1961, je ne savais pas ce qu’était devenu mon ancien camarade.

En septembre 1970, désigné comme remplaçant, pour une campagne sur la frégate météo France 2 au point K, j’y retrouvais avec joie Henri Ange qui y était affecté depuis quelques années. Il y avait retrouvé, hélas, ce collègue « difficile » du Maroc !, mais ce dernier avait été débarqué, un peu plus tard, pour son comportement peu sociable.

Pour moi ce fut une joie, en tous les cas, de travailler pendant ces quatre semaines avec mon ancien camarade de stage.

Il a dû quitter le service des frégates par la suite et comme nous n’avions jamais eu de relations suivies, je n’ai pas su ce qu’il était devenu.

Je garde un très bon souvenir des moments passés ensemble et la mémoire d’un camarade très sympathique, au fort accent provençal (je crois qu’il était de Toulon …ou de la région !).

C’est un grand mérite de l’AAM de nous permettre, en nous regroupant, d’entretenir le souvenir des uns et autres. Et pour finir, je citerai à nouveau notre Président qui, dans son éditorial, écrivait « les racines sont indispensables et doivent être préservées pour que les pousses nouvelles puissent s’épanouir ».

Vive l’AAM.

 

Jean-Marie Poiret